Qui a dit que les handicapées n’étaient pas exigeantes?

par porte-jarretelles@wheelchair


Il y a bientôt une année de cela, lorsque j’ai quitté la personne avec laquelle j’ai vécue une histoire de deux ans et demi, plusieurs personnes m’ont demandé :

« Ben alors! Pourquoi il t’a quitté? » (C’est bien connu, ce sont toujours les handis qui se font plaquer et non l’inverse, pardi!).

« Eh non, c’est moi qui l’ai quitté ».
Une partie de ces proches ne m’a pas compris. Pourquoi étais-je en train de quitter un homme qui m’acceptait telle quelle?

La réponse était bien simple : je n’étais plus heureuse.

Ces réactions m’ont interpellées. Pourquoi, au motif que je suis handicapée, n’aurais-je pas le droit de tendre au bonheur, de ne rester qu’avec la personne qui me rend heureuse. Pourquoi devrais-je me contenter d’un second choix, d’un « faute de mieux »?

 

Soyez actrices de votre vie!

 

Tout d’abord, je tiens à avancer une chose, qui peut sembler bien naïve. Je veux vivre intensément. Je veux être actrice de ma vie et non la subir.
En effet, ayant été confrontée à de nombreux décès, plus ou moins brutaux, depuis mon plus jeune âge, j’ai pris progressivement conscience de la fragilité et de la contingence de notre existence. Ainsi, depuis toute jeune, j’ai peur de mourir sans avoir pleinement vécu. Cependant, mon manque d’assurance, voire d’amour-propre, m’ont régulièrement freinés dans cette quête du bonheur. Puis, il y a un an de cela environ, un évènement, une rencontre plus précisément m’a bouleversée. Ce fut le déclic. J’ai décidé de mettre un terme à ma relation avec la personne avec qui je partageais ma vie depuis plus de deux ans. Relation qui, vue de l’extérieur semblait idyllique, mais qui m’oppressait et m’empêchait de m’accomplir entièrement.

Vous l’aurez sans doute compris, tant qu’il m’est encore possible, je mettrai tout ce qui est en mon pouvoir pour m’approcher du bonheur. Je ne souhaite ni faire de généralités, ni parler au nom des autres personnes en situation de handicap, mais je ne pense pas être la seule dans cette situation. Le temps manque et il est urgent de vivre!

« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d’être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. » (Jack Kerouac)

 

Un peu d’amour-propre s’il vous plaît!

 

J’évoquais l’amour-propre… Oui les filles (ou les gars), ayez de l’amour-propre! N’acceptez pas le premier venu qui vous accepte telles que vous êtes, mais celui qui vous fait vibrer, jouir, qui vous rend heureuse.
Pensez également à l’autre, mettez-vous à sa place. Imaginez, comment le prendriez-vous s’il venait à vos oreilles que l’homme, ou la femme, avec qui vous vivez une histoire est avec vous uniquement parce qu’il ne « trouve pas mieux », parce que vous êtes la seule qui l’accepte avec ses particularités? Votre ego ne serait-il pas entaché? Le mien si.

 

Évidemment, je sais bien que sur le marché de la séduction règne la règle de l’offre et de la demande.
Néanmoins, sachez que vous pouvez faire tomber les hommes, ou les femmes, dans votre lit (médical ou non) avec un beau sourire, de la joie de vivre et une bonne dose d’humour!

Bref, ne craignez pas d’être exigeantes!

Alors, voici ma wishlist : grand, brun, ouvert d’esprit, drôle, cultivé, curieux, doté d’une pointe de féminité, cordon-bleu, endurant, orphelin de mère, doué avec la langue, cheveux non rasés (je ne suis pas fan du type « militaire »), baroudeur, non-geek, sensible, mature, qui ne pense plus à son ex d’un mètre 75 (c’est difficile de rivaliser lorsque l’on mesure soi-même un mètre 35)…

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