Parlons engagement.

par lydieraer


Ne vous inquiétez pas. Il ne va pas être question de l’engagement amoureux, des phobiques de l’engagement. Rien de tout cela !

Je souhaite juste évoquer l’engagement, pour une cause, et notamment afin d’atténuer, voire de mettre fin à une injustice, quelle qu’elle soit.

Pour ma part, je ne suis qu’une petite étudiante en droit de la santé qui écrit un blog, qui a des revendications. Je ne sais pas si je peux me considérer comme une personne militante. 

En effet, je connais des personnes qui sont davantage impliquées, qui militent. Des personnes qui ont créé des associations, qui s’engagent en politique…

Ce n’est pas encore mon cas. Je me contente juste d’écrire quelques billets d’ici et là, de pousser des coups de gueule sur mon compte facebook, notamment lorsque je suis confrontée à l’inaccessibilité des lieux où je souhaite me rendre (surtout lorsque je porte des chaussures à talons!) ou bien à l’étroitesse d’esprit de certains. De même, grâce au petit succès que mon blog rencontre, j’ai été conviée à intervenir le 3 avril prochain au colloque dénommé « Sexualité, amour et handicap : tous concernés! », organisé par l’association Grandir d’un Monde à l’Autre. Rien de transcendant.

J’espère œuvrer davantage dans le futur, soit par le biais associatif, soit par l’engagement politique (ou bien les deux en même temps!), afin de bousculer certaines idées reçues véhiculant sur le handicap, et bien sûr, pour mettre fin à ce blocage franco-français relatif à l’accessibilité des lieux recevant du public.

J’imagine que vous ne voyez pas trop à je souhaite en venir… Parlons-en!

Lorsque j’écris un billet ou lorsque je m’énerve un petit peu sur facebook, je le fais afin de sensibiliser ceux qui me lisent. Aucunement pour me plaindre. Or, il y a quelques jours de cela, un ami m’a confié qu’il trouvait que je me plaignais beaucoup, ces temps-ci. Or, ce n’est pas mon ressenti. Afin d’en avoir le cœur net, j’ai demandé à une amie ce qu’elle en pensait.

Elle m’a répondue que je me plaignais également beaucoup (sur facebook). Incompréhension totale.

Cela m’a blessé, que des personnes qui me sont proches puissent penser cela. En effet, de nature joviale, bonne vivante, rigolote (Ok, mes blagues sont un peu douteuses parfois), je n’avais jamais imaginé pouvoir renvoyer cette image. Celle d’une personne qui se lamente sur son sort.

Suites à ces révélations, je souhaite mettre les choses au clair. Revendiquer ne signifie pas « se plaindre ».

Lorsque je râle, je m’indigne, je le fais afin que les personnes valides, qui me lisent, soient sensibilisées. Oui, je suis de nature utopique. Néanmoins, je pense que les mentalités évolueront de manière progressive. Ainsi, une personne valide n’ayant jamais eu dans ses connaissances de personnes en situation de handicap, pourra éventuellement, en me lisant, se dire :

« Ah oui, c’est vrai, l’inaccessibilité est un problème. Peut-être vais-je en parler à mon pote Robert, gérant d’un bar, afin qu’il fasse des aménagements dans son établissement dans le but de le rendre accessible aux personnes à mobilité réduite ».

Oui, je caricature. Le but est que vous compreniez ma démarche.

Certes, je sais bien que ce n’est pas en écrivant des billets, en publiant des statuts sur facebook « à chaud », que je vais révolutionner le monde. Néanmoins, je pense que les choses évolueront que si nous ne cessons pas de nous indigner.

Oui, adoptons le leitmotiv de feu Stéphane Hessel et indignons-nous (ou handignons-nous)!

En effet, prenons l’exemple de l’accessibilité et la non application de la loi du 11 février 2005. Certes, il y a un renoncement de la part des politiques. Néanmoins, comme l’a souligné, à juste titre l’athlète paralympique (et engagé!) Ryadh Sallem lors de cette entrevue, nous, les personnes à mobilité réduite, avons également notre part de responsabilité. Nous n’avons rien fait pour anticiper la mise en oeuvre de cette loi. Oui, nous aurions dû également exercer du lobbying, à l’instar de ces personnes par exemple.

Si nous ne voulons plus être considérés comme des citoyens de seconde zone, nous devons nous indigner, dénoncer chaque injustice que nous rencontrons. Cela ne vaut pas uniquement pour la cause du handicap mais également pour toutes les autres injustices, bien entendu.

Pour ma part, je vais tâcher de modérer mon impétuosité, mais jamais je ne cesserai de râler (pour la bonne cause!).

Sur ce, bonne fin de dimanche (et j’espère que vous êtes allés voter!)

Kenavo.

 

Publicités