Mes escarpins et moi.

par lydieraer


Aimant jouer avec les codes de l’hyper féminité, j’adore porter des chaussures à talons, entre autres.

Néanmoins, cette manie me cause, parfois, quelques désagréments.

En effet, de par mon manque d’équilibre et de force musculaire, il m’est fortement déconseillé de marcher avec des escarpins, si je ne veux pas embrasser le sol.

C’est donc dans ces moments là que je suis réellement confrontée à l’inaccessibilité des lieux. En effet, il m’est impossible de faire mon fameux numéro

Jésus m’a dit « lève-toi et marche ».

De même, je ne veux pas être portée, être soutenue. Je tiens à rester digne.

Oui, je parle de dignité. En effet, lorsque je suis portée, soutenue, je ne me sens pas digne. Honnêtement, aimeriez-vous être porté.e.s, avoir les fesses qui remontent (merci la lordose!), et courir le risque que l’on voit, éventuellement, votre petite culotte?

Ainsi, hier se tenait à la faculté de droit où je suis inscrite un colloque à l’honneur des 20 ans du master de droit de la santé. Il y avait du beau monde, et notamment monsieur le Professeur Didier Truchet (c’est-à-dire le « big boss » du droit administratif !). Bien entendu, je ne pouvais pas me permettre de ne pas porter d’escarpins pour cette grande occasion!

À l’issue du colloque, était prévu un cocktail, dans un bâtiment situé pas loin de ma faculté. Avec deux autres copines de ma promotion, nous avons décidé d’y aller afin de passer un bon moment, et éventuellement pour faire la connaissance d’anciens étudiants de ce master.

Et là, le drame !

marches cocktail

Des marches et aucune rampe à laquelle s’accrocher !

Ce fut la gêne généralisée. En effet, ça faisait légèrement tâche de n’avoir pas pensé à l’accessibilité, pour des juristes, qui plus est, en droit de la santé! (Depuis, ils se sont excusés, et je n’ai aucune rancune à leur encontre!).

Une personne ayant assisté au colloque indiqua :

Mais c’est pourtant une bibliothèque, un lieu public!

Certes, mais pour l’instant l’application de la loi du 11 février 2005…on l’attend toujours!

Une des étudiantes de master 2 ayant organisé le colloque m’affirma, peu convaincue :

« Euh…on peut vous porter »

Pas de jambes, pas de cocktail. Tant pis.

D’une part, je ne souhaitais pas réellement me casser quelque chose un mois avant les partiels, d’autre part, je tenais à garder ma dignité. En effet, des professeurs, des étudiants, des anciens-étudiants étaient présents… Je ne tenais absolument pas que ces personnes me voient en mode « Tina Turner qui essaie tant bien que mal de monter un escalier avec les fesses qui remontent  » (c’est ma mère qui m’appelle Tina Turner, après qu’elle m’ait vu une fois essayer de marcher avec des escarpins…ce n’est pas très beau à voir.) !

Réellement, à quoi bon se donner tout ce mal, perdre tout ce temps à se maquiller, à choisir des fringues qui me mettent en valeur, à bien me coiffer si c’est pour avoir l’allure d’une chanteuse défraîchie?

Quelle idée de porter des talons en fauteuil… Ces handicapés, ils en demandent beaucoup trop…

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