« Salut, moi c’est Christophe, 28 ans… »

par lydieraer


« Salut, moi c’est Christophe j’ai 28ans.

J’ai découvert tes écrits via le site de rue 89, quelle ne fut pas ma surprise en te lisant et découvrant qu’une part de fantasme s’offrait enfin à moi.

Je ne suis pas là dans une démarche malsaine, en tout cas je ne le vis pas ainsi, et souhaite partager du plaisir et avant tout satisfaire le tient.

Pourrions nous poursuivre selon toi ?

Courage à toi pour la suite, espérant pouvoir échanger …

Bisous ! »

Allez, pour le plaisir, en voici un autre, qui m’a bien fait rire :

« Bonjour Lydie , félicitation pour votre article , trop de la ‘ball  je kiff ….. bon perso je ne suis pas du tout réticent a avoir une relation tres hot avec une femme dotée d’un handicap , bien au contraire , ça serais plutot rare , peu importe votre physique je vous ferais un cunillingus sans le moindre probléme sachez le , bon je présume que vous etes sur Brest , moi vers Lyon !  pour ma part  1.70 m 70kg et je pense hyper sportif , avez vous une photo sexy de vous ?   Pascal »

Pascal, pour l’ortograf, on repassera hein. 😉

Depuis avril 2014, il m’arrive de temps en temps de recevoir ce genre de messages de la part de parfaits inconnus. Que des hommes. Des hommes qui s’imaginent probablement joindre l’utile à l’agréable : porter secours à une pauvre petite handicapée frustrée sur le plan sexuel, tout en prenant bien évidemment leur pied.

Lorsque j’ai écrit mon billet à propos de ma petite expérience sur Adoptunmec, mon but n’était aucunement de me trouver un bel étalon afin de me déniaiser.

Mon objectif était de démontrer qu’une femme en situation de handicap peut être considérée comme un sujet (et non un objet!) de désir UNIQUEMENT lorsqu’elle le décide, à l’instar des femmes valides. Je souhaitais uniquement informer mes lecteurs.

Vous ne croyez tout de même pas que j’ai écrit sur mon blog, de manière non anonyme, pour « pécho »?!

Je ne veux pas m’épandre sur ma vie privée, néanmoins, j’ai l’impression que certains hommes, ayant lu mes billets ou bien m’ayant entendu parler assez librement de sexualité, se méprennent à mon égard.

Pourquoi serai-je considérée comme une « fille facile », une salope, uniquement parce qu’il m’arrive de parler de sexe? Si j’étais un homme, en serait-il ainsi? Serais-je un garçon facile?

Si vous saviez à quel point cela m’agace de devoir me justifier de la sorte. J’en ressens cependant le besoin car je ne supporte pas d’être réduite à une sorte de « nymphomane sur roulettes ». Et puis, quand bien même. Est-ce une raison de s’adresser à moi de la sorte?

Ces messages illustrent parfaitement ce que je considère comme l’un des plus grands maux de notre société : le mythe de la femme pure, dénuée de tout désir sexuel d’un côté, et de l’autre, la putain, celle qui ose écouter, questionner, évoquer ses désirs, et surtout celle à qui on ose tout dire, tout faire. J’ai l’impression, en lisant ces messages, d’être réduite à la seconde catégorie de femmes, c’est-à-dire celle des putains alors que j’ose simplement écrire des billets où il est question de « one night stand », de magasins de lingerie et de cabinets de gynécologie non accessibles…

Il y a quelques semaines de cela, je comptais écrire un billet relatif à la pornographie où je souhaitais questionner le rapport qu’entretiennent les femmes avec ce genre cinématographique. Je voulais mettre en évidence que la pornographie n’est pas incompatible avec le féminisme…

Présentement, je ne suis plus certaine de vouloir écrire sur ce sujet. Vais-je encore recevoir des messages d’hommes libidineux pour qui il est impossible d’imaginer qu’une femme qui écrit un billet ayant pour le sujet le sexe n’est pas forcément une frustrée qui n’attend qu’une chose : être pénétrée par leur pénis triomphant?

« Sale féministe ! » vont penser certain.e.s (et oui, il y a même des femmes qui osent se proclamer anti-féministes).

Oui, je suis féministe et je n’en ai pas honte. Tant que les femmes n’auront pas les mêmes droits que les hommes, le féminisme sera indispensable. Tant que l’on demandera à une femme qui porte une décolleté  » c’est pour qui ça? Il y a du monde au balcon! » avec un sourire en coin, le féminisme sera indispensable. Tant que l’on traitera de « pute » une femme qui a eu plusieurs partenaires sexuel.le.s, le féminisme sera indispensable.

 

 

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