Facebook, l’insidieux.

par lydieraer


Facebook, c’est plutôt chouette. Etant le réseau social le plus utilisé dans le monde, il offre de nombreuses opportunités.

J’ai pu, par exemple, recontacter des personnes avec qui j’étais à l’école maternelle et primaire, rencontrer un de mes plus chers amis via un groupe destiné à ma maladie en 2011, découvrir des auteurs, des musiciens, m’ouvrir davantage au féminisme grâce aux publications de mes divers contacts.

De plus, sa messagerie instantanée me permet de converser avec mes « amis », plus ou moins réels. Encore faut-il que je ne commette pas d’incidents diplomatiques en écrivant un message à la mauvaise personne. Cette possibilité d’échanger avec plusieurs personnes à la fois…il y a de quoi s’emmêler les pinceaux parfois. Un vrai travail à la chaîne !

De bonnes choses, en somme. Mais pas que.

J’ai remarqué que Facebook, cette chose virtuelle, prenait trop de place dans mon quotidien.

En effet, lorsque je me réveille le matin, j’allume l’application Facebook sur mon smartphone.

Dès que je fais ma grande commission, mimée par mon chat, dans sa litière, en face de moi, pareil.

Lorsque je patiente dans une file pour payer des articles en caisse, idem.

Dans le bus, la même rengaine.

Autour de moi, beaucoup de personnes ont pris le même réflexe.

La situation la plus flagrante est en amphithéâtre, à la fac. Je dirais que plus de la moitié des étudiants munis d’un PC portable surfe sur Facebook lors des cours, même lorsque le professeur n’est pas si soporifique que ça.

Au cours des soirées entre amis, on se connecte. On est physiquement ensemble. Notre pensée, cependant, est ailleurs. Qui plus est, on ressent le besoin d’exhiber à ses « amis » facebook que l’on est populaire, que l’on a une vie sociale épanouie en postant des photos de ladite soirée, à laquelle on n’est pas véritablement investie.

À quoi ça rime ? Ces photos ne devraient-elles pas plutôt être imprimées, rangées dans un album photo et ressorties en temps voulu, lorsque la nostalgie s’emparera de nous ? (J’ai l’impression de parler comme un vieux con…)

Bien entendu, ces photos, ou posts publiés doivent être « likés ». Si les « likes » attendus ne sont pas au rendez-vous, quelque chose cloche.

On n’est pas digne d’intérêt. On n’est pas aimé.

Vous ne trouvez pas cela un tantinet affligeant ?

De prime abord, j’avais tendance à penser que l’utilisation que nous faisons de Facebook est symptomatique de notre volonté d’être sous les feux des projecteurs. D’avoir notre fameux « quart d’heure de célébrité ». Ce phénomène s’inscrit dans la lignée des télés-réalité-poubelles. On veut être connu. On ne sait pas pour quelle raison, mais on veut passer à l’écran, quitte à mettre sa dignité de côté.

En creusant un petit peu, je m’aperçois que ceux qui publient le plus sur Facebook sont ceux qui ont le moins de confiance, le moins d’estime d’eux-même. Ils ont besoin de l’aval de la communauté, de la reconnaissance, pour se sentir aimés. Leur existence est donc légitimée.

Je crois bien en faire partie. Mince alors…

 

En plus de renforcer notre égocentrisme, ou bien de vainement tenter de légitimer notre existence, Facebook est également chronophage en ce qu’il nous permet de devenir aussi performants que des agents de la NSA.

Qui n’a jamais recherché le profil facebook de l’ex de la personne qui vous intéresse ou de celle avec qui vous débutez une relation ?

Avouez-le, cela vous est arrivé !

Combien de fois, avec des amies, n’avons pas consacré une partie de nos soirée à regarder, à tour de rôle, les profils des ex de nos copains respectifs… Personnellement, je n’en suis pas très fière.

En même temps, l’être humain étant naturellement curieux… Difficile de contenir cette soif de savoir me direz-vous.

Quoi ? Elle fait environ 30 centimètres de plus que moi ?

Cela n’est pas réellement compliqué, à moins de tomber sur un fétichiste des personnes de petite taille…

Quoi? Elle a fait telle école prestigieuse ?

Pour la prolo que je suis, la fac de droit, c’est assez prestigieux. Non ?

Quoi ? Elle a autant voyagé ?

J’éteins cet ordi.

Thumbs up, like button on white background.

Thumbs up, like button on white background.

Je supprime cette application Facebook de mon smartphone, qui ne me servira uniquement à envoyer des sms et à passer des appels. C’est le but premier des téléphones, me semble-t-il.

Je lis.

Je regarde des films.

Je joue de la musique.

Je sors voir mes vrais amis, qui ne sont pas forcément sur Facebook.

Bref, je vis.

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