Woof woof

par porte-jarretelles@wheelchair


Je ne suis pas du genre tactile (enfin, un peu avec mon copain tout de même). Ainsi, j’ai souvent difficilement supporté les grosses accolades de ma grand-mère paternelle (j’ai toujours l’impression que je vais passer de vie à trépas, faute d’oxygène), les hugs américains (j’ai fait quelques séjours aux USA lorsque j’avais un boyfriend américain, au début de mes études)…

Pour moi, le contact physique est quelque chose de vraiment intime. Par exemple, un hug ça se mérite, ça se donne dans un contexte particulier, lors d’un moment de joie intense, ou au contraire, lorsque l’on veut réconforter un proche tristounet (et encore ça, j’ai du mal !). Bref, ça ne se fait pas avec Pierre, Paul ou Jacques.

Ainsi, je plains grandement les femmes enceintes dont on touche le ventre comme si leur corps faisait partie du domaine public, et parfois sans que l’on demande leur avis.

Bien que n’étant pas enceinte, je subis également des contacts tactiles impromptus et non consentis de la part de parfait.s inconnu.e.s. Parce que je suis handicapée (et une femme), certain.e.s s’imaginent que l’on peut toucher mon corps sans mon autorisation, comme si j’étais un enfant. Or, le corps d’un enfant lui appartient également et ne devrait pas être tripoté comme une poupée. Je m’égare…

Hier, cela m’est arrivé à deux reprises.

Vers dix heures, je sors de chez moi pour me rendre à la Bibliothèque Universitaire afin d’avancer la rédaction de mon mémoire. À peine ai-je eu le temps de faire quelques pas, enfin quelques tours de roues, qu’un homme, d’une cinquantaine d’années, à l’hygiène douteuse, vient à ma rencontre, me touche les cheveux et me dit :

 » Vous êtes charmante ! « 

Cela me répugne et m’indigne. Néanmoins, sur le moment, je n’ai pas osé le remettre à sa place. Est-ce parce que je suis une femme ? Est-ce parce que je suis en situation de handicap, et en l’occurrence physiquement vulnérable ?

La journée passe, et même plutôt bien…jusqu’aux alentours de seize heures quarante-cinq, où un homme, d’une cinquantaine d’années (décidément !), s’approche de ma table, dans la bibliothèque, dans le but de me rendre mon chargeur d’ordinateur portable que je lui avais aimablement prêté. Avant de prendre congé, il me caresse la tête et me dit :

 » Vous êtes adorable ! « 

Pep qui fait la tête

Parfois, il y a vraiment de quoi devenir misandre. Cependant, pour ne pas être injuste, je tiens à indiquer qu’il est arrivé que des femmes, dans une moindre mesure, me caressent également les cheveux.

Comme je l’ai déjà évoqué dans un précédant billet, il se peut (peu de fois, je vous rassure !), que des inconnu.e.s, probablement mué.e.s par une bonne intention, dans la rue, se permettent de pousser mon fauteuil, ce qui peut me faire tomber lorsque je ne suis pas prévenue. Je trouve déjà cela insupportable.

Alors, imaginez…Les cheveux ! Accepteriez-vous qu’une personne, que vous ne connaissez pas, touche une partie de votre corps, de manière inopinée et sans votre consentement ?

Dans ce genre de situation, j’ai vraiment l’impression d’être une sorte de…

peted dogtoutou que l’on caresse…

Publicités