Tracter sur roulettes peut s’avérer lucratif.

par porte-jarretelles@wheelchair


Hier après-midi, je tractais sous le beau soleil malouin (et oui, il fait beau en Bretagne !) en compagnie de militants de l’association L214, à l’occasion d’une action intitulée « compteur humain pour la fermeture des abattoirs ».

J’ai intégré en septembre cette association parce que j’apprécie beaucoup son mode d’action, c’est-à-dire la non-violence, la bienveillance, la pédagogie et dont l’objectif est effectivement d’informer la population sur la souffrance (humaine et non-humaine) engendrée par la consommation d’animaux et de produits issus de l’exploitation animale (lait, œufs, miel…). De plus, L214 ne se contente pas de dénoncer; elle informe la population sur les alternatives en termes d’alimentation. Bref, j’arrête ma pub pour L214.

La marque de fabrique de cette association étant la bienveillance et la non-violence, il est important que les militants gardent leur sang froid lorsqu’ils sont en contact avec un public de mauvaise foi voire agressif, ce qui n’est pas toujours évident.

Hier, alors que je distribuais des tracts ayant pour titre « Et si on arrêtait de manger de la viande? », une touriste d’origine étrangère, probablement des pays de l’Est (selon son accent) s’est avancée vers moi, avec un regard suintant la pitié, et m’a tendu des pièces.

Cependant, je ne faisais pas la manche. Je participais à une action militante.

C’est la deuxième fois, dans ma courte vie, que quelqu’un me donne de l’argent, la première fois datant d’il y a sept ans, où une personne âgée avait glissé sept euros dans ma main.

J’ai immédiatement rendu l’argent à cette touriste, avec un air agressif. Je me suis dit :

Mais elle me prend pour qui celle-là ? Une mendiante ? C’est cette image qui je donne de moi ?

Je regrette d’avoir agi de manière si impulsive et de ne pas avoir été très constructive avec elle. À cause de moi, maintenant, elle prendra la fuite dès qu’elle croisera le chemin d’une personne qui porte un K-wai orange (porté par les militants de L214).

Plus sérieusement, cette personne vient probablement d’un pays où les personnes en situation de handicap sont dépendantes, à la charge de leur famille, voire du bon vouloir des badauds qui daignent leur donner quelques pièces.

Ayant, un caractère assez impulsif, j’ai publié cette mésaventure sur mon compte Facebook (c’est mon punching ball !) et j’ai appris que cela était également arrivé à d’autres contacts en situation de handicap (qui tractaient ou non).

De mon côté, je vais m’acheter une tirelire pour les prochaines actions L214. On ne sait jamais…

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