Les prémices d’une longue histoire d’amour…

par porte-jarretelles@wheelchair


Afin de préserver l’état de ma nouvelle voiture (j’ai vraiment peur qu’elle me fasse une mauvaise blague la semaine prochaine, lorsque je vais me rendre pour la première fois au boulot), j’ai souhaité prendre le train pour aller recharger mes batteries dans la famille de mon conjoint dimanche (avec lui et Pep le chat). 

Les transports en commun n’étant pas accessibles en région parisiennes (hormis les bus et la ligne 14 du métro), je me suis inscrite au service PAM 91(« Pour Aider à la Mobilité »… ahaha !), surtout en pensant aux jours où j’aurais des soucis avec ma voiture pour me rendre au travail (il y a une bonne trentaine de kilomètres entre mon domicile ou le lieu où je vais bosser et les deux RER reliant ces deux lieux ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite).

Je l’admets, j’avais déjà entendu de mauvais échos concernant ce service par l’intermédiaire de personnes à mobilité réduite franciliennes, et notamment via l’article Pam Pam, you’re dead de la génialissime auteure du blog Wheelcome.

Je compose le numéro de téléphone de la PAM 91 et j’entends dès le départ :

Votre appel sera facturé 5 centimes/minutes + le coût d’un appel local.

Certes, je ne suis pas à quelques centimes près (d’autant plus que je viens de trouver mon premier travail !), mais cela m’agace fortement de payer un numéro surtaxé, en plus du prix de la course (soit 19,90 euros multipliés par deux pour les trajets que je souhaite réaliser). Entre le numéro surtaxé d’Accesplus (service « gratuit » permettant aux personnes à mobilité réduite d’être accompagnées lors de la montée et de la descente du train) et cela… J’ai quelques fois l’impression d’être une vache à lait (je m’excuse pour cette expression spéciste !)

Bref, je décide donc de réserver mon trajet en ligne. Et là, patatra, impossible de réserver un transport PAM pour le jour de départ. Le délai est trop court. Tant pis, mon cher et tendre venant avec moi en Normandie, on pourra tenter la montée et la descente du RER C en mode « MacGyver », avec moi qui grimpe prudemment dans le wagon et lui qui porte le fauteuil (et le chat dans son sac de transport).

mc gyver

Le souci est que je serai seule pour le retour en Île-de-France car je commence à travailler la semaine prochaine. J’aime l’aventure, mais je peine à m’imaginer en train de « MacGyver » (avec le son hééé) toute seule. C’est le coup à ce que je reste sur le quai et que le wagon reparte avec le fauteuil roulant dedans ou inversement…

Je décide donc de réserver un transport PAM pour le retour, c’est-à-dire pour un trajet gare de St-Lazare-domicile. Bien évidemment, le site plante

 » Aucun transport ne correspond à ces critères « .

On respire… On respire…

J’appelle à nouveau le numéro de téléphone surtaxé et je tombe sur une standardiste. Elle me demande la raison de mon déplacement (« et le droit à la vie privée? » Je crois que je peux garder cette considération pour moi). Vient le moment où elle me demande mon numéro de train. Je lui réponds que j’attends de réserver le transport PAM avant de réserver le train. Elle insiste, et moi aussi, je campe sur mes positions. Je lui dit que je ne réserverai pas le train tant que je n’aurai pas la certitude d’avoir un transport PAM pour rentrer chez moi car je ne veux pas me trouver en difficulté.

Mon interlocutrice finit par me dire que je ne saurai pas aujourd’hui si j’ai un transport PAM ou non car la réponse est donnée 48 heures avant le transport (ce qui est très pratique pour s’organiser…) mais que les personnes réalisant un transport pour se rendre à la gare ou inversement ont la priorité.

Alors que je m’apprête à céder, en réservant mon billet de train en ligne, la salariée du centre d’appels me dit :

Le 1er novembre, vous n’aurez probablement pas de transport car il y a moins de chauffeurs.

Je prendrai donc la voiture pour aller en Normandie…

Je présume qu’une grande histoire d’amour s’annonce entre la PAM 91 et moi…

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